Un tabala dans le camp de Samory Touré.

Un tabala dans le camp de Samory

Un tabala dans le camp de Samory.

Cette illustration constitue une source remarquable sur l’usage militaire du tabala dans l’armée de Samory Touré.

La scène observée se rapporte, quant à elle, au séjour de Binger devant Sikasso en septembre 1887, pendant le siège entrepris par Samory contre le royaume du Kénédougou. Binger arrive au camp le 26 septembre 1887 et décrit ensuite les diassa, palanquements fortifiés servant de camps aux différents contingents de l’armée.

L’illustration représente trois hommes :

  • deux porteurs soutiennent le tambour au moyen de fortes poignées en lanière ;
  • au centre, le griot frappe la membrane avec deux tabala khalama ;
  • ces battes rembourrées, constituées de cuir, de graines et de bourre de coton, sont tenues par des poignées souples.

Le tabala est donc ici un tambour de commandement et de transmission militaire. D’après Binger, les griots employaient une douzaine de batteries conventionnelles correspondant à des ordres tels que « En avant ! », « Aux armes ! », « En retraite ! », « La charge ! » ou « Cessez le feu ! ». L’auteur précise également que des batteries de tambours parcouraient parfois toute la ligne des camps fortifiés de Samory.

Il serait cependant prudent de ne pas affirmer que l’image représente un diassa déterminé. Elle est insérée dans la description du camp de Samory devant Sikasso et les paillotes visibles à l’arrière-plan évoquent bien l’intérieur d’un campement fortifié, mais Binger ne précise pas dans quel diassa particulier la scène aurait été observée.

Citation

Voici la citation retranscrite, avec une ponctuation et une typographie légèrement normalisées, sans modification du contenu :

« Le vrai instrument avec lequel on peut donner des ordres est le tabala, que nous pouvons comparer à notre tambour.

« Le tabala est d’une pièce, et creusé dans du diala ; son diamètre varie entre 40 et 50 centimètres ; dans l’intérieur se trouvent quelques bassi (amulettes). Le dessus est tendu d’un morceau de peau de bœuf qui est assujetti par des lanières ; sur cette peau et vers la circonférence il y a généralement un endroit dépourvu de poils sur lequel on voit une inscription en arabe commençant toujours par : El hamdou lillahi. “Louange à Dieu”, etc.

« Ce tabala est porté par deux hommes, à l’aide de deux fortes poignées en lanière dont il est muni ; entre les deux porteurs marche le griot, qui des deux mains frappe du tabala khalama (la plume à écrire du tabala). Ces khalama sont en fort cuir et en forme de boudin ; l’intérieur est rempli de graines et de bourre de coton ; deux solides lanières constituent les poignées.

« Avec cet instrument les griots obtiennent une douzaine de batteries différentes au moyen desquelles ils transmettent les ordres de leurs chefs.

« Parmi ces batteries on m’a cité : “En avant !” “Aux armes !” “Cessez le feu ! tout est fini” “En retraite !” “Du secours !” “Rassemblement à gauche !”, “à droite !” “La charge !” “Garde à vous !” »

— Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, 1887-1889, tome I, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1892, p. 105-106.

Le terme correct est bien tabala khalama et non « tabula khalama ». Littéralement présenté par Binger comme « la plume à écrire du tabala », il désigne les deux battes rembourrées avec lesquelles le griot produit les batteries conventionnelles.

Légende 

Un tabala et ses deux porteurs dans le camp de Samory Touré devant Sikasso, 1887. Au centre, un griot frappe avec deux tabala khalama la membrane d’un tambour suspendu entre deux porteurs. Employé comme instrument de commandement, le tabala permettait de transmettre par différentes batteries des ordres tels que le rassemblement, l’attaque, la retraite ou la cessation du feu. Gravure publiée dans Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, t. I, Paris, Hachette, 1892, p. 105-106. Domaine public.

Version courte

Un tabala et ses deux porteurs, camp de Samory Touré devant Sikasso, 1887. Tambour militaire frappé par un griot afin de transmettre des ordres aux combattants. Gravure publiée dans Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée, t. I, 1892, p. 105. Domaine public.

La référence bibliographique complète peut être donnée ainsi :

Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, 1887-1889, tome I, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1892, p. 105-106, illustration « Un tabala et ses deux porteurs ». L’ouvrage comprend des gravures sur bois exécutées d’après les dessins de Riou. 

Mots-clés

Tabala ; Samory Touré ; Diassa ; Siège de Sikasso ; Griot ; Louis-Gustave Binger ; Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi ; Riou

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