Musiciens jeli de Soolimana

Musiciens jeli de Soolimana

Musiciens jeli de Soolimana.

Cette gravure représente deux musiciens professionnels de Soolimana, en Afrique occidentale, au début du XIXe siècle.

À gauche, un musicien joue d’un balafon portatif au moyen de deux baguettes. L’instrument comporte plusieurs lames disposées sur un châssis, vraisemblablement au-dessus de résonateurs. À droite, un second musicien, figuré en mouvement, frappe avec une baguette un petit tambour tenu sous le bras. Le geste de sa jambe suggère qu’il danse tout en jouant.

Le titre original, Jellemen of Soolimana, peut être traduit par « Jellemen de Soolimana » ou, de manière plus explicative, « Musiciens jeli de Soolimana ». Le mot Jellemen paraît correspondre à une ancienne transcription européenne de jeli ou jali, terme mandingue désignant des musiciens professionnels auxquels pouvaient également revenir des fonctions de chanteurs, de généalogistes et de célébrateurs des personnages importants. Le mot français « griots » constitue une traduction possible, mais moins fidèle à la terminologie employée par Laing.

Dans son récit, Alexander Gordon Laing mentionne parmi leurs principaux instruments la kora et le ballafoo, c’est-à-dire le balafon. La gravure fournit ainsi l’une des représentations européennes anciennes d’un balafon joué par un musicien professionnel en Afrique occidentale. La kora évoquée dans le texte n’est toutefois pas représentée sur cette planche.

Soolimana — également transcrit Solimana ou Sulima — désignait un royaume yalunka situé dans l’arrière-pays de l’actuelle Sierra Leone, à proximité de la région correspondant aujourd’hui à la frontière guinéenne. Laing visita ces territoires au début des années 1820. L’image fut publiée à Londres en 1825 dans son récit de voyage.

Il convient néanmoins de considérer cette planche comme une représentation européenne publiée après le voyage, et non comme un relevé photographique. La forme générale des instruments et certains éléments vestimentaires peuvent reposer sur des observations directes, mais leur restitution demeure tributaire du dessin préparatoire, du travail du graveur et des conventions éditoriales de l’époque.

Légende 

Musiciens jeli de Soolimana, Afrique occidentale, 1825. À gauche, un musicien frappe avec deux baguettes les lames d’un balafon portatif ; à droite, un second musicien danse en jouant d’un petit tambour tenu sous le bras. Le titre original, Jellemen of Soolimana, emploie une ancienne transcription du terme jeli ou jali, qui désigne des musiciens professionnels dans différentes sociétés mandingues. Gravure publiée dans Alexander Gordon Laing, Travels in the Timannee, Kooranko, and Soolima Countries, in Western Africa, Londres, 1825. Schomburg Center for Research in Black Culture, The New York Public Library.

Crédit abrégé

« Jellemen of Soolimana », 1825, dans Alexander Gordon Laing, Travels in the Timannee, Kooranko, and Soolima Countries, in Western Africa. Schomburg Center for Research in Black Culture, New York Public Library Digital Collections.

Mots-clés

Tambours ; Balafon ; Griots ; Kora ; Royaume de Solimana ; Dialonké ; Sierra Leone ; Alexander Gordon Laing ; Danse ; Travels in the Timannee, Kooranko, and Soolima Countries, in Western Africa

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