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Musique

Danse kishi des Mabunda.
Ces deux passages décrivent la danse kishi des Mabunda — aujourd’hui généralement appelés Mbunda —, organisée sur ordre du roi Sepopo. L' image montre la représentation publique ; la seconde détaille le masque et le costume d’un interprète tenant le rôle féminin.
“During this day the king gave a Mabunda dance in my honour—a performance of so objectionable a character that the negroes themselves are quite conscious of its impropriety, and refuse to dance it except in masks.”
« Au cours de cette journée, le roi fit exécuter en mon honneur une danse mabunda — une représentation d’un caractère si inconvenant que les Noirs eux-mêmes, parfaitement conscients de son indécence, refusaient de l’exécuter autrement que masqués. »
Les termes “objectionable” et “impropriety” expriment ici le jugement moral d’Emil Holub. Ils ne constituent pas une description neutre de la signification culturelle de la danse.
“The dance to which I have said the king invited me on the 26th was called the kishi-dance, and is never performed except by the king’s order. Its main object seems to be to inflame animal passion, and it is danced by two men, one of whom is supposed to represent a woman, or occasionally by two couples.”
« La danse à laquelle, comme je l’ai indiqué, le roi m’avait convié le 26 était appelée danse kishi ; elle n’était jamais exécutée autrement que sur l’ordre du roi. Son objectif principal semblait être d’exciter les passions charnelles. Elle était interprétée par deux hommes, dont l’un était censé représenter une femme, ou quelquefois par deux couples. »
“The performers step forward from a group of young people, who are all singing most vigorously, and clapping their hands in time to the great tubular drums that are being sounded. Having turned their faces towards the king, they commence a series of gestures indicating, with many contortions, the advances of one party coquettishly rejected by the other.”
« Les danseurs s’avançaient hors d’un groupe de jeunes gens qui chantaient tous avec vigueur et frappaient des mains au rythme des grands tambours tubulaires. Après s’être tournés vers le roi, ils commençaient une succession de gestes et de contorsions représentant les avances de l’un, coquettement repoussées par l’autre. »
“The costumes being royal property I failed to get possession of any of them. They consist of a mask with a network attached to it, and a peculiar covering for the loins.”
« Les costumes appartenant au roi, je ne parvins à en obtenir aucun. Ils se composaient d’un masque auquel était fixé un filet et d’un revêtement particulier destiné à couvrir les reins. »
“The masks, which are a specialité in Mabunda handicraft, are modelled by boys from clay and cow-dung, and painted with chalk and red ochre. They are considerably larger than the head, completely covering the neck.”
« Les masques, qui constituaient une spécialité de l’artisanat mabunda, étaient modelés par des garçons avec de l’argile et de la bouse de vache, puis peints à la craie et à l’ocre rouge. Ils étaient considérablement plus grands que la tête et couvraient entièrement le cou. »
“Altogether they bear a sort of resemblance to a helmet with a vizor; small openings are left for the eyes and mouth, and sometimes for the nose; upon the top are knobs adorned in the middle with an ornament made from the tail of a striped gnu, and at the sides with bunches of feathers; the tout ensemble is not unlike that of a gurgoyle.”
« Dans leur ensemble, ils ressemblaient quelque peu à un casque muni d’une visière. De petites ouvertures étaient ménagées pour les yeux et la bouche, et parfois pour le nez. Leur sommet portait des protubérances : celle du milieu était ornée d’un élément fabriqué avec la queue d’un gnou rayé, tandis que celles des côtés portaient des bouquets de plumes. L’ensemble n’était pas sans évoquer une gargouille. »
La comparaison avec une gargouille relève, là encore, du regard européen de Holub.
“Attached to the head-piece, and covering the shoulders, is a long, tight jacket of netted bast, with close-fitting sleeves. Gloves and stockings of the same material are likewise worn.”
« Fixée à la pièce recouvrant la tête et descendant sur les épaules se trouvait une longue veste ajustée, faite de fibres libériennes nouées en filet et pourvue de manches moulantes. Les danseurs portaient également des gants et des bas confectionnés dans le même matériau. »
Le bast est la couche fibreuse située sous l’écorce de certains arbres. Il ne s’agit donc pas d’un tissu ordinaire, mais d’un vêtement réalisé avec des fibres végétales.
“The performer personating a woman wears a woollen skirt, reaching from the waist to the ankles, over which is the skin of an animal hanging down before and behind.”
« Le danseur interprétant le rôle de la femme portait une jupe de laine qui descendait de la taille jusqu’aux chevilles. Par-dessus celle-ci était disposée une peau animale retombant à l’avant et à l’arrière. »
“The only distinction between the male and female mask is that the ornament on the male is more elaborate, and that a wisp of straw is twisted round the neck of the female.”
« La seule différence entre le masque masculin et le masque féminin était que l’ornement du premier était plus élaboré, tandis qu’une torsade de paille entourait le cou du second. »
“A steel girdle is worn round the waist, to the back of which a number of small bells is attached, keeping up a tinkling upon the slightest movement.”
« Une ceinture d’acier était portée autour de la taille. Plusieurs petites cloches étaient fixées à l’arrière de cette ceinture et tintaient au moindre mouvement. »
“The dance is repeated in public almost every fortnight. It attracts a large number of spectators at every performance, but children are not allowed to be present.”
« La danse était exécutée publiquement presque toutes les deux semaines. Chaque représentation attirait un grand nombre de spectateurs, mais les enfants n’étaient pas autorisés à y assister. »
La gravure montre les deux interprètes masqués au centre de l’espace cérémoniel :
Danse kishi à la cour du roi Sepopo. Deux danseurs masqués interprètent une scène de séduction devant le souverain et les spectateurs, accompagnés par des chants, des battements de mains et de grands tambours tubulaires. L’un des hommes tient le rôle féminin. Illustration tirée d’Emil Holub, Seven Years in South Africa, vol. II, Londres, 1881, p. 168 et 172-173. Domaine public.
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